« Les poissons pleurent aussi »

La chronique à écouter, en cliquant ici :

https://djpod.com/lamusedesgones/les-poissons-pleurent-aussi-pierre-micheletti

Les poissons pleurent aussi Pierre Micheletti

« Les poissons pleurent aussi » de Pierre Micheletti, aux éditions Lucien Souny.

Ça ne lui était pas encore arrivé, mais La Muse a décidé de participer à la masse critique de Babelio. Qu’est-ce que c’est ? Toutes les personnes qui chroniquent sur Babelio peuvent participer à la masse critique. Le principe est simple : plusieurs livres sont proposés, on sélectionne celui ou ceux qu’on souhaite recevoir, et on s’engage, si on est sélectionné, à en faire la chronique (positive ou négative) dans le délai d’un mois suivant la réception. C’est ainsi que La Muse a reçu « les poissons pleurent aussi » un roman de Pierre Micheletti.

L’histoire ? C’est l’histoire de Denis, un cadre à la retraite, qui adore la Méditerranée, et qui transmet ce lien très fort à ses petites-filles lors de sorties en bateau. Malheureusement, les pratiques humaines vont dégrader la région. Les maladies et disparitions vont frapper sa famille. Denis va essayer de comprendre et va se rebeller.

Ce que La Muse en pense : Ce roman est très bien écrit et très bien emmené, et le lecteur va partir à la découverte des différents endroits de la Méditerranée, grâce à Denis et ses amis. L’intrigue est intéressante, elle commence par une prise d’otage, sur un chapitre simplement. Ensuite, l’histoire : entre les conférences sur le climat, la dégradation de la planète et les disparitions qui ont frappé sa famille, Denis va mener tambour battant sa propre enquête ; lui, le calme, il va se rebeller. Les amoureux de pêches et de beaux paysages seront ravis, les descriptions sont tellement réalistes qu’on a l’impression parfois d’être sur le bateau. L’auteur sait nous emmener de surprises en surprises et cela jusqu’au dernier chapitre.

D’un côté, il y a la KOC, l’usine, aux procédés étranges, mais qui fournit du travail à tous. De l’autre, la sauvegarde de la nature et des êtres humains.

D’un côté, il y a deux populations et leur rencontre : Au travers de Denis et de son gendre, au travers du Monde, de deux pays, qui sont emmenés à se rencontrer, pour des raisons très diverses. Que penser des nouvelles technologies emmenées par un autre pays que le nôtre, que penser des mariages mixtes, un peu dans l’obligation par « manque de filles » … Que pensez d’un père ayant perdu son épouse, qui va perdre sa fille, qui s’inquiète pour sa petite fille …

Seule la mer est son amie. Denis aime plonger, comme son père, qu’il retrouvera dans les fonds, comme voulu. Il aime plonger comme son fils, qui a disparu dans les eaux adorées… Leurs secrets sont partagés. Alors, au-delà de l’intrigue très rondement menée, Denis va se retrouver avec ses amis de toujours, Vincent et Jordi, et avec la mer.

Un très beau roman, d’une grande portée philosophique, attachant dans sa construction et tellement d’actualité.

La Muse remercie Babelio et la « masse critique » pour l’envoi de ce magnifique ouvrage, qui l’a sincèrement touchée, tant par sa beauté que par sa profondeur.  

Extraits :

n°1 : « Il avait cette fois jeté l’ancre à bonne distance avant de se mettre à l’eau. Il voulait prendre le temps de déambuler entre les reliefs sous-marins comme on circule dans les allées d’un cimetière, pour se préparer aux retrouvailles, pour réfléchir à ce que l’on va se dire, ou penser à ce que l’on va déposer sur le granit. Il prévoyait une réserve d’air d’une heure maximum. Il faudrait y être attentif. Il se remit en mouvement lentement, progressant alors à la seule force des bras, puis acheva de contourner le grand massif rocheux dont il avait atteint le socle blanc. À quelques brasses de lui se dressait un éperon proéminent, zébré de failles parallèles horizontales et sombres. Sur le bord de l’une d’elles, un poulpe veillait à l’entrée, les fentes de ses pupilles déjà rétrécies par la lueur du petit jour, son tube respiratoire animé du gonflement régulier et serein de l’animal reput de sa chasse nocturne ».

Extrait n°2 :

Alors ? T’est-il déjà arrivé de pleurer ?

Oui, quelquefois !

Elles avaient un goût, ces larmes que tu as versées ?

Oui, un peu salées…

Tu vois ! Avec toutes ces larmes de poissons, on a fini par saler la mer !

Et ainsi naquit l’un des mythes entretenu par le Vieux ».

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s